Archives Mensuelles: octobre 2008

Je suis allongée sur le côté. Il fait noir, mais je ne sais pas si ce sont mes yeux fermés ou la nuit. Je sens un corps chaud lové contre le mien, juste derrière moi, un corps masculin si j’en crois la fermeté plaquée contre mes fesses. Sa tempe et son bras se sont fait oreiller, et je sens son souffle, léger, apaisé, qui me chatouille les cheveux. Son autre bras est posé en travers de ma hanche, mais je ne sens pas sa main. Ma hanche ne semble servir que de pilier pour son bras, au bout duquel sa main se tend vers… Un autre corps. Il y a un autre corps. Juste là, devant moi, tout autant lové contre le mien. C’est sur cette autre hanche que repose la main. Sa joue est posée sur  la mienne, et je sens cet autre souffle, un peu plus court mais tout aussi léger que le premier, qui effleure par intermittence mon oreille. Je réalise alors qu’un autre bras est enfoui au creux de ma taille, juste à côté du premier bras. Mais là aussi, un bras dont la main a disparu. Repose t-elle sur la hanche collée derrière la mienne ? Si j’en crois la fermeté plaquée contre mon sexe, cet autre est masculin.

Nous ne parlons pas, nous ne bougeons pas. Tout en nous respire plénitude de l’après. Je crois que nous sommes bien, tout simplement.

J’ouvre les yeux. Je suis allongée sur le côté, mon nez émergeant tout juste de la bulle de chaleur de la couette. Je suis seule.  Le clair-obscur m’indique que dehors, la vie est en train de recommencer. Je me recroqueville dans mon oreiller, à la poursuite de Morphée et de ses deux acolytes.