Archives Mensuelles: novembre 2009

Longtemps, nous avons louvoyé. Parlé. Ecouté. Echangé.  Souris. Convenu. Validé. Fumé des cigarettes. Ris aux éclats. Concocté et dégusté de dangereux breuvages à base de Perrier.

Et d’un seul coup, nous sommes passés par dessus bord.

Ca va vite. Vite, très vite, trop vite. Tous les voyants sont brusquement passés au rouge et clignotent frénétiquement sur un rythme asymétrique de two step. Hyper-sollicitation de tous les sens, de tous les neurones. Pas le temps de penser, pas le temps de savourer, à peine le temps de ressentir. Les baisers volent dans toutes les directions, les mains se perdent à l’aveuglette, les vêtements disparaissent sans que j’ai le temps d’y mettre ma contribution. Je peine à suivre cette danse dans laquelle m’entraîne mes cavaliers. Ils sont deux, mais ils sont un. Noyée dans leur désir, entraînée dans leur plaisir, je cherche ma place dans cet équipage sans vraiment parvenir à y insuffler aussi ma dynamique. 

J’ouvre les yeux. Stop. Temps mort.

Je me dégage de leur étreinte et me campe sur mes 159 cm drapés de 10 cm2 de culotte.

Ils sont nus. Le souffle court, les yeux étincelants, le sourire un peu interrogateur, ils lèvent les yeux vers moi. Je les contemple en silence. Arnaud, Franck. Franck, Arnaud. Deux regards, deux sourires, deux personnalités, une complicité. Contrairement à moi, ils savent ce qu’ils font et où ils vont. C’est aussi pour ça que je les ai choisis. Eux, parmi tant d’autres. Eux, et pas d’autres. 

Je leur tends mes deux mains, et tout en les enlaçant à nouveau, je les entraîne à ma suite vers l’immense et moelleuse couette qui nous fait signe là haut sous les toits. Une façon comme une autre de reprendre pied dans cette farandole de sensations, quelques secondes à souffler avant d’entamer le troisième round et dernier round.